Du paradoxe française
La Déclaration française des Droits de l’Homme et du Citoyen est promulguée par l’Assemblée Nationale en 1789. Ce n’est pas la première déclaration pour les droits de l’homme mais sa portée est la plus universelle. (La première déclaration de droits de l’homme de l’époque moderne est celle de l’État de Virginie (États-Unis d'Amérique), écrite par George Mason et adoptée par la Convention de Virginie le 12 juin 1776 (Bill of Rights)).
La France est une puissance moyenne dans le monde, tant militairement qu’économiquement, pourtant la portée de son message d’égalité pour tous reflète une profonde volonté d’universalité. Alors pourquoi est-ce si difficile de faire cela sur notre propre sol ?
Dans un pays où a été promulgué l’un des textes fondateurs de notre civilisation occidentale, qu’il puisse encore y avoir des inégalités, et que cela semble normal relève d’une telle aberration que même Descartes doit s’en retourner dans sa tombe !
Ma génération n’a connu ni les guerres mondiales, ni la guerre d’Algérie. Nous sommes la première génération à ne pas avoir fait de service militaire obligatoire, nous n’avons donc jamais connu la guerre, si ce n’est par la télévision ou les films. Nous sommes dépendant des anciennes générations pour nous transmettre notre histoire afin de comprendre notre société.
Je n’ai pas honte de ce qui a été fait par le passé, car cela a été fait par d’autres personnes que moi, des gens pour la plus part mortes aujourd’hui. Mais j’ai honte que ce qu’ils ont fait perdure encore aujourd’hui, à mon époque, dans ma rue ou 3km plus loin.
Il y a certes un devoir de mémoire à faire, pour nous tous, mais il y a aussi un devoir de pardon à faire pour les anciennes générations. Que les gens qui ont connu les atrocités de la guerre sachent enfin que les responsables reconnaissent leur torts, et qu’ils les pardonnent. Si ces responsables ne sont plus, alors, que nos représentant actuels prennent la parole et expient pour eux. Si nos parents, ou grands-parents nous montraient l’exemple de l’humilité et de la sagesse, en s’excusant ou en pardonnant, alors sans doute pourrions nous enfin dire que tout le monde est quitte, (donc égale) et enfin changer les choses sans arrières pensées mais seulement parce cela est juste.
J’ajoute aussi, que part ce faisant, nos représentants gagneraient peut être enfin assez de respect pour oublier le ridicule, non ! la honte de leur situation. Devoir avouer, qu’ils ont laissé perdurer une injustice depuis très longtemps, voila la vraie honte ! Peut importe qui commence, celui dont on se souviens, c’est celui qui fini avec les honneurs.
Ainsi donc voila le paradoxe français. Nous sommes une terre d’asile dans l’histoire de nombreux peuples. Mais, nous préférons oublier cet honneur pour n’y voir que l’horreur.