De l'exception française
« Savez-vous pourquoi le coq est l’emblème de la France ?
Parce que c’est le seul oiseau à pouvoir chanter les pieds dans la merde… ! » (Coluche)
Tout d’abord, qu’est-ce que le culte de l’exception en France ?
-C’est cette étrange façon de pensée qui fait que pour toutes règles grammaticales, on trouvera une exception… On a même un dicton (qui n’a pas – à ma connaissance- d’équivalent étranger): « l’exception confirme la règle »…
-C’est la seule raison pour laquelle on utilise un système à base 20 pour compter (70,80,90) alors que les suisses, belges et luxembourgeois -et québécois ?-, (et mêmes les alsaciens et les lorrains, mais là c’est de l’esprit de contradiction pur…) disent septante, octante, nonante. (NB : En faite, 70,80 et 90 viennent d’une « normalisation » de la langue française sous Louis XIV… mais, c’est pas moi qui ai cafté, ok ?
-C’est cette habitude qu’ont nos politiques de parler du « modèle français » ou encore de « l’exception française » pour le moindre truc qui nous ait envié ailleurs…
Mais un peu de rigueur...
« Exception : Ce qui est hors de la règle commune, qui parait unique. » (cf Larousse)
Et nous les français, ça nous bottes d’être unique et singulier, on le cultive même… Je suis persuadée que « l’esprit de contradiction » qui nous habite est un effet dérivé pour produire de l’exception. (On ne va pas me faire croire que lorsque tous les magasins sont fermé le dimanche, il n’y a pas de complot ?!)
« Exception » a la même racine que « exceptionnel »…
Nous y voila. Nous les français, ça nous bottes d’être une « exception » (si tenté qu’on trouve une règle généralisable pour deux cent et quelques autres pays… mais passons sur ce détail technique !)
Maintenant, il va falloir oser le mot. « L’exception française » est purement et simplement un mécanisme d’autosatisfaction pour flatter l’orgueil - et le sentiment de supériorité, sans doute, - de 90 millions de personnes (expatriés compris).
Pauvre de nous, nous sommes orgueilleux comme pas deux (et les coupes du monde et autre évènements sportifs sont là pour nous le rappeler – parfois de façon cuisante… « 2002, 2002 » soupire une voix spectrale).
Et les francophiles étrangers ne nous aident pas non plus ! Merci Mr Ted Stranger, j’ai beaucoup rit en lisant « Sacré Français ! », « Sacrés Américains ! » et « Sacrés Fonctionnaires ! », mais il s’agit encore de souligner (et c’est déjà trop) l’excentrisme (le côté unique et singulier – et c’est là que le mal est fait) de nous autre…
Alors, la prochaine fois qu’on vous parlera de « l’exception française », n’y voyez qu’un piège dangereux pour chauvins en mal d’orgueil national. Puisque tous les pays sont des exceptions, il n’y a pas de règles.